La Gniaque

Survivante d'un cancer du sein Her2 métastasé au foie en 2006, en rémission jusqu'en 2015 avec des chimios à vie. Je cherche à transmettre de l'espoir à travers mon expérience. Cliquez sur l'image, à gauche.

lundi 21 juin 2010

Le suivi psychologique joue un rôle positif

Je voulais vous relayer un article de David Servan-Schreiber. Je le trouve plein d'espoir.

Vous le trouverez ici et plus bas dans ce billet.

Je me reconnais entièrement dans les facteurs cités ayant améliorer leur moral. J'ai  bénéficié d'un suivi psychologique au CLB à ma demande, il m'a été d'un immense secours pour arriver à reprendre une vie normale avec le cancer intégré en maladie chronique.

  • Pratique d'un exercice de relaxation quotidien :

J'allais faire de la sophrologie au CLB en individuel. J'ai enregistré les exercices de relaxation de mon sophrologue sur mon baladeur mp3 (devenu Iphone entre temps) ainsi que celui que propose David Servan-Schreiber sur son site web. Ce qui me permettait de les écouter même pendant mes perfusions ou dans mon canapé le soir. J'essayais de faire ces exercices le plus souvent possible.
Actuellement le cours de stretching de ma salle de sport du lundi midi, sur de la musique de relaxation, me procure un peu le même effet. Je sors complètement détendue, baillant pour évacuer toutes mes tensions.
Lorsque je suis à la montagne, pratiquement tous les week-end, je prends le temps de m'asseoir face à ces paysages magnifiques et je médite. Je trouve extrêmement important de me consacrer du temps pour me recentrer sur moi. Un autre moment qui m'incite à méditer va vous amuser. C'est lorsque je transforme ma salle de bain en cabinet esthétique, autrement dit deux fois par semaine, le dimanche matin et le mercredi matin, je reste au moins 1H à ne m'occuper que de moi et comme ce que je fais est assez mécanique et ne demande pas de concentration intense, j'en profite pour laisser errer mon esprit. Il en résulte souvent de grandes décisions...
Un lien vers des livres pour vous accompagner dans ce travail sur soi.

  • Manger différemment :

Depuis le diagnostic, j'ai complètement modifié mon alimentation, radicalement. Plus de sucre blanc, et même plus de sucre dans mes aliments à part lorsqu'on fait une soirée crêpes, lorsque je fais un gâteau mais c'est extrêmement rare. J'en consomme dans les aliments préparés qui en contiennent, les biscuits bio, les compotes bio, les sorbets (je ne mange plus de glace), même mes confitures sont sans sucres, préparées uniquement avec des fruits bio et sucrée par du jus de fruit bio. J'ai aussi éliminé les farines blanches, il m'arrive encore de faire très très rarement des pâtes non complètes, lorsque j'achète des pâtes fraîches dont je raffole. Nous ne mangeons que du pain fait dans ma machine à pain avec de la farine intégrale multi-céréales. Et surtout j'ai éliminé les produits laitiers issus des vaches. Si je dois absolument me servir de lait comme pour la pâte à crêpe, j'utilise du lait de soja. Si je veux faire des pâtes aux fruits de mer, un de mes grands classiques, je prends de la crème de soja liquide. Je ne consomme plus de fromage ou alors de manière exceptionnelle et je prends ceux fait avec du lait de brebis ou du lait de chèvre. Lorsqu'on fait une raclette, c'est la seule entorse que je fais depuis un an, j'en achète bio.Je ne fais plus de béchamel, je ne consomme plus des yaourts mais des compotes le soir en dessert ou des fruits frais. Je ne fais plus de gratins. Nous mangeons largement nos 5 fruits et légumes par jour. Tous les jours mes filles partent avec chacune deux fruits dans leur cartable, un pour le matin et un pour le goûter. Le soir, nous alternons toujours entre soupes de légumes faites maison ou crudités, salades et des légumes.Le rôle de l'alimentation est primordial pour moi dans ma vie de tous les jours. J'achète bio et lorsque ce n'est pas possible, je prends des aliments bleu, blanc, cœur (plus riches en oméga 3 dû à un régime enrichi en graînes de lin) comme les fromages blancs jocker pour mes filles et en dernier recours des aliments classiques. Nous mangeons très peu de viande, beaucoup de poissons et encore plus des légumes.
Un lien vers des livres pour vous aider à mieux manger

  • Faire plus d'activité physique :

J'ai toujours fait du sport. Lorsque mes traitements me laissaient épuisée, je continuais à marcher beaucoup. Depuis que j'ai retrouvé la forme, je fais du ski tous les week-end en hiver. Je vais trois midis par semaine dans une salle de gym où je suis un cours. Je fais de la salsa tous les mercredis soirs et si jamais mon cours est annulé, je retourne dans ma salle de gym pour compenser. J'aimerais y aller davantage mais je n'ai pas le temps. Et puis je marche toujours beaucoup.

  • Demander plus d'aide autour de soi :

Je reconnais qu'avant, je n'osais pas demander, j'avais peur de gêner les gens, même les amis. Depuis que j'ai eu ce cancer, j'ai bien été obligée de demander, mes limites physiques étaient assez souvent atteintes, je n'avais pas le choix. Mes amis, de toute façon, ne m'ont pas laissé le choix et sont venus m'aider de force. J'ai appris à me laisser dorloter, à compter sur eux et à apprécier leur aide. Je me suis rendue compte que je ne gênais absolument pas mes amis, bien au contraire, ils étaient heureux que je leur donne ma confiance et mon amitié. Je n'hésite plus à dire que je suis fatiguée et à m'asseoir en attendant qu'on m'aide sans en avoir honte. Je pense plus à moi. Je tiens compte de mes ressources, de mes limites, je n'essaye plus de coller à une image idéale que je devais avoir il y a bien longtemps...


Un suivi psychologique améliore et prolonge la vie des femmes en rechute du cancer du sein

Dans un précédent blog, je vous avais signalé une étude très importante de Barbara Andersen, qui montrait que des femmes à qui on annonçait un diagnostic de cancer du sein s'en sortaient mieux quand elles bénéficiaient d'un suivi psychologique et d'un programme d'accompagnement anticancer. Bien sur, beaucoup étaient déprimées au départ, après le diagnostic, mais leur risque de dépression se réduisait de façon considérable sur une période d'un an quand elles apprenaient à pratiquer un exercice de relaxation quotidien, à manger différemment, à faire plus d’activité physique, et à demander de l’aide autour d’elles.

Mais l'amélioration allait plus loin que le bien-être psychologique. Elle se mesurait aussi par une réduction du taux d’inflammation dans leur corps, et une augmentation de l’activité de leur système immunitaire. Après 11 ans de suivi, les femmes qui avaient reçu cet enseignement réduisaient leur risque de mortalité de près de 70% par rapport à celles qui avaient eu le même traitement médical mais pas ce programme.

Barbara Andersen a poursuivi son étude en prenant en compte les épisodes de rechute, et publie cette semaine ses résultats dans Clinical Cancer Research, paru le 16 juin 2010. Les résultats sont convergents et donnent des arguments à tous ceux qui souhaitent, comme moi, que l'on aide les patients à mobiliser leur capacité naturelle à guérir.

En reprenant les femmes de son échantillon qui avaient rechuté, et en proposant à la moitié d'entre elles, tirées au hasard, de participer à un nouveau programme de suivi psychologique et d'apprentissage d'un style de vie favorable à la santé, l'équipe de l'Université de l'Ohio a pu mesurer, durant 12 mois, que les femmes avaient de meilleurs indicateurs d'immunité quand elles suivaient le nouveau programme. Pour elles, des prises de sang régulières montraient une augmentation des lymphocytes (T-cells) et des cellules tueuses (Natural Killer cells), capables de supprimer les tumeurs. En revanche, ces marqueurs ne s'amélioraient pas pour l'autre groupe.

Le résultat en terme de survie est impressionnant : au bout de 12 mois, la mortalité du groupe avec intervention est diminuée de près de 60% par rapport au groupe sans intervention.C'est un résultat très encourageant, qui ne doit pas être négligé. Les critiques ne manqueront pas de pointer la faiblesse de l'échantillon, mais cela ne peut être qu'une incitation à reproduire cette expérience, qui a déjà sauvé la vie de dizaines de femmes, sans aucun autre effet secondaire que de leur rendre la vie plus agréable malgré l'angoisse de la rechute.

Sources listée à cette adresse :
http://www.guerir.org/Members/david_servan_schreiber/anticancer-1/archive/2010/06/18/un-suivi-psychologique-ameliore-et-prolonge-la-vie-des-femmes-en-rechute-du-cancer-du-sein

Posté par IsabelleDeLyon à 15:27 - Du Soutien - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bonsoir Isabelle! je crois me reconnaitre dans toutes ces belles habitudes de vie! la nutrition est importante - ce fut d'ailleurs un arrimage pour moi lors de ce "coup de tonnerre dans mon ciel azuré" - mais je reste persuadée que l'accompagnement et le travail psychologique sont capitaux. Avez-vous lu le livre du dr Rougier ?http://vi-cto-rieuses.forumactif.com/sante-f19/se-programmer-pour-guerir-du-dr-yann-rougier-t829.htm#2078
    Je boycotte le sucre .. complétement,même les crêpes lol , je cuisine à IG bas.
    Bien à vous. Marielea

    Posté par MARIELEA, mardi 22 juin 2010 à 22:23

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