La Gniaque

Survivante d'un cancer du sein Her2 métastasé au foie en 2006, en rémission jusqu'en 2015 avec des chimios à vie. Je cherche à transmettre de l'espoir à travers mon expérience. Cliquez sur l'image, à gauche.

mardi 17 mars 2009

Suite et fin de ma semaine "Contrôles"

Jeudi, j'ai retrouvé mon cher hôpital, il ne me manquait pas du tout, je venais à peine de le quitter (lire le post précédent pour la première partie de la semaine). J'ai quitté mon appartement à 12H15 et je n'en suis revenue qu'à 18H.
J'avais perfusion d'herceptine et scanner TAP (tout l'abdomen) au programme de mon après-midi.
L'oncologue ne m'a pas vue avant comme elle en a l'habitude mais après le scanner, munie de mes précieux comptes-rendus.
A mon arrivée à l'hôpital, j'ai juste fait un petit coucou aux infirmières pour qu'on valide mon dossier , ça donne le feu vert aux infirmières pour ma cure d'herceptine.
Je suis aussitôt montée à l'étage des chimios, j'ai pu avoir mon fauteuil préféré face à la baie vitrée donnant sur une grande terrasse. Je me suis installée, mise à mon aise comme une vieille habituée des lieux que je suis : ma petite bouteille d'eau, mon livre, incliner mon fauteuil de pro des chimios.
Et très vite, j'ai eu le plaisir de retrouver des vétérantes de la chimio, deux autres patientes avec qui j'aime bien échanger et notre bénévole préférée, toujours souriante. Nous avons pu comérer pendant une bonne heure, même pas eu le temps d'avancer mon bouquin, ma perfusion était déjà terminée. C'est extrêmement rare que je passe un aussi bon moment pendant une perfusion, nous avons bien rit, l'après-midi s'annonçait bien.

J'avais dit aux infirmières qu'il fallait que je sois à 15H à l'étage des scanners situé à l'autre extrémité de l'hôpital, l'une d'elle, une de mes préférées, m'a proposé de me laisser le petit tuyau relié à mon pac pour m'éviter une aiguille dans le bras, voilà une idée qu'elle était bonne...
Je file au scanner, au moins 30 personnes attendent. Je m'installe, sors enfin mon livre et me plonge dedans. Après 20mn de lecture, c'est à mon tour. Je retrouve avec plaisir l'infirmière de l'IRM, à qui j'ai affaire très souvent, très gai, très souriante, pleine d'entrain. On plaisante malgré la gravité de l'instant, c'est qu'on part quand même à la recherche de métastases.

Le scanner a au moins un avantage sur l'IRM,  il est beaucoup plus rapide, après 5mn, me voilà de retour dans ma cabine pour me rhabiller et pouvoir enlever la superbe blouse bleue en papier de l'hôpital. Cette fois, j'ai eu le droit de garder mon tee-shirt en-dessous, j'étais mieux.

Et me voilà de retour dans la salle d'attente et je sais que j'en ai pour un long moment avant d'avoir mon compte-rendu dans les mains. Le scanner est rapide mais le radiologue doit prendre le temps de bien lire tous les clichés, nous sommes tous là pour des cancers, ce qu'il verra est capital pour nos jours à venir.

Je reprends mon livre, un homme à côté de moi renifle toutes les 5mn, c'est vraiment dégoutant mais j'espère qu'il va vite partir. En fait je devrais le supporter toute l'attente. Mon livre est passionnant, j'arrive à me plonger dedans et à faire abstraction de ce qui m'entoure, enfin on m'appelle et c'est la secrétaire qui me tend directement le compte-rendu. OOUUUFFFF!!!!
C'est que tout est comme il faut, rien à voir, s'il y avait le moindre point suspect, le radiologue m'aurait reçue dans un petit box et expliquée tout de vive voix. Lorsqu'il me donne le compte-rendu dans la salle d'attente ou c'est la secrétaire qui en a la charge, c'est qu'il n'y a rien de rien. Je suis heureuse, je lis quand même le compte-rendu.

yahoo

Je file chez la gynéco en laisser un exemplaire à la secrétaire et direction l'aile opposée de cet immense hôpital tout en longueur, il faut bien un quart d'heure de marche rapide pour atteindre l'autre côté. J'ai le temps d'envoyer un texto à mes proches.
J'attends l'entretien avec mon oncologue préférée.
Elle me voit et me dit qu'elle va me recevoir aussitôt. Et comme j'ai de la chance, le chauffeur de taxi est là lui aussi à la recherche de patients à ramener, c'est très rare.
Elle me reçoit et s'excuse de n'avoir toujours pas appelé son collègue au CLB pour les perfusions à domicile, elle me montre le post-it qu'elle a mis sur son clavier, elle va le faire, c'est promis, je ne lui en veux pas, elle a tellement d'urgences vitales à gérer. Je sais juste qu'il faut être patiente et que ça finira bien par arriver, les bonnes choses se méritent (si on peut appeler une bonne chose, une chimio chez soi).
Je lui annonce que j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, d'abord la bonne, la plus importante à mon avis, rien dans l'abdomen, mes organes vitaux se portent bien. Ensuite la mauvaise nouvelle, les seins. Je lui explique, elle se plonge dans les compte-rendus, demande à me palper les seins, qu'est-ce qu'ils peuvent attirer l'attention sur eux, ceux-là!
Elle sourit, aucune inquiétude ne se lit sur son visage. Dans des moments comme celui-là, j'ai mes yeux plongés dans les siens et je guette la moindre étincelle pouvant me mettre sur la piste de ses pensées.
Elle me rassure et me dit qu'elle est confiante, que ce sont surement des nécroses, et surtout elle ajoute que ce qui ne la rend pas inquiète, c'est qu'il n'y a rien de visible à l'IRM. Mais bien sûr, je n'y avais pas pensé, avant la moindre petite cellule cancéreuse réagissait à l'IRM, là mon sein malmené est resté obscur, rien à voir. Je me sens mieux, son argument m'a apaisée.
C'est une vraie magicienne mon oncologue, on peut entrer angoissée, tremblant pour sa vie, on en ressort avec le sourire ou au moins avec l'espoir. Je l'aime pour ça.
Et là ça ne rate pas, je ressors beaucoup mieux que je ne l'étais lorsque je suis entrée.

Je retrouve mon chauffeur de taxi et hop, on rentre à la maison.

taxi2

Et comme la journée a été positive, ma voisine et amie me propose de prendre ma grande fille à dormir pour me soulager, j'accepte avec plaisir. Je suis complètement HS, vidée de toute énergie, je sens herceptine dans mon corps, ça fait comme des courbatures, mon chéri est à Paris. On va dîner et je vais vite coucher ma petite puce et faire pareil.

Il ne me reste plus qu'à attendre le mammotome (biopsie sophistiquée) jeudi 2 avril, jour de ma prochaine perfusion pour le prochain épisode cancer.

mammot


Commentaires

    Plusieurs fois j'ai lu que les chimios se passaient assise dans un fauteuil. Pour ma part elles se sont toujours déroulées dans une chambre, seule, à demi-allongée sur un lit. Pour me distraire j'avais la télévision.

    Posté par margareth, dimanche 26 septembre 2010 à 18:51

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