La Gniaque

Survivante d'un cancer du sein Her2 métastasé au foie en 2006, en rémission jusqu'en 2015 avec des chimios à vie. Je cherche à transmettre de l'espoir à travers mon expérience. Cliquez sur l'image, à gauche.

dimanche 2 mai 2010

Reprise de la gym

Avant d'avoir des enfants, j'étais une accro des salles de sport. Plus c'était rythmé, plus j'étais assidue, j'allais quasiment tous les jours faire des abdo-fessiers, de l'aérobic, du step et un peu de muscu pour les bras. J'adorais me sentir muscler et surtout, j'aimais bouger sur la musique, j'en oubliais que c'était un effort et puis quelle libération. A la sortie, plus de stress, plus de tension, tout le corps relâché par l'effort accompli. Ça a duré plusieurs années mais lorsque nous avons pris la décision d'avoir des enfants, je savais que j'allais leur consacrer beaucoup de temps et que nos sorties, mes activités sportives allaient être mises entre parenthèses pendant un bon moment. Nous avons attendu 9 ans avant d'être parents, surtout à cause de moi qui voulait profiter un peu de la vie sans enfants en ayant enfin  notre indépendance financière. J'ai bien repris les sorties, le shopping mais le sport a été retardé par le cancer.

Aussitôt que ma dernière fille a eu 2 ans, j'ai estimé que je pouvais sans aucun problème la laisser à une baby-sitter et pas qu'à son père et qu'à nouveau j'allais m'octroyer du temps libre et tout ce qui allait avec.

J'attendais avec une immense impatience de pouvoir retourner faire du rock. J'adore danser à deux et le rock m'a toujours emballée. Étudiante, je prenais déjà des cours et j'allais pratiquement toutes les semaines en plus de mon cours à des soirées rock, soit organisées par mon école de danse, soit par l'école de danse d'une copine, soit chez les autres élèves, plus âgés que moi pour la plupart, souvent des jeunes couples entrés depuis peu dans la vie active et organisant à tour de rôle des soirées chez eux. J'habitais Toulouse à l'époque et je m'éclatais à danser le rock. Dès que j'entends un rock passer, j'ai des fourmis dans les jambes mais si en plus je peux tomber sur un bon danseur, quel bonheur...
J'avais entraîné mon futur mari, à Aix-en-Provence, dans des cours de rock mais cette école ne nous plaisait pas beaucoup. Depuis, j'attendais que mes filles soient assez grandes pour reprendre des cours de rock tous les deux toutes les semaines.
A cause du cancer, d'une chaîne ganglionnaire enlevée sous l'aisselle, j'ai dû faire très attention à mon bras gauche. Il était très raidi et je devais aller voir la kiné 3 fois puis 2 fois par semaine pour faire partir cette raideur et retrouver ma mobilité d'avant.
Lorsqu'enfin j'ai eu ma dernière séance de kiné post-opératoire, j'ai aussitôt entraîné un autre couple d'amis avec nous et nous nous sommes inscrits. Nous allions chaque semaine prendre notre cours de rock. C'était il y a deux ans et demi.
L'école de danse n'était pas très dynamique, mon amie n'était plus très motivée, elle a décidé d'essayer la salsa, ça fait tout juste deux ans. Nous les avons suivis et depuis nous continuons avec grand plaisir la salsa. Hier soir, encore nous étions sur une immense péniche, comportant trois salles différentes pour danser, nous y avons retrouvé des amis, notre prof de salsa et cette ambiance latine dépaysante à souhait. Nous avons pu danser jusqu'au petit matin et qu'est-ce que ça fait du bien... On mesure nos progrès, ça fait deux ans que nous sommes des élèves assidus de salsa.

Il me restait encore la reprise des cours de gym en salle. J'avais besoin de faire plus de sport pour me sentir mieux dans mon corps.
Voici un an et demi, j'ai décidé de faire cette symétrisation de mes seins, le chirurgien a voulu que je retourne faire deux séances de kiné par semaine pendant un an avant de m'opérer. J'y allais sur ma pause déjeuner.
Je ne travaille que quatre jours par semaine donc un jour sur deux j'étais chez la kiné le midi. Le week-end, nous sommes à la montagne, nous skions ou je bronze en lisant dès que le temps le permet, le mercredi soir nous dansions la salsa. Il ne me restait pas assez de temps pour caser une salle de gym dans mon emploi du temps.
J'ai attendu que le lipomodelage soit fait. Je pensais devoir retourner faire des séances de kiné et j'ai eu l'heureuse surprise que le chirurgien ne trouve pas ça nécessaire. J'ai enfin pu m'inscrire la semaine dernière dans une salle de gym avec une copine.
Ce qui est amusant, c'est que ma motivation déteint toujours sur mon entourage, ça ne m'embête absolument pas d'y aller sans connaître qui que ce soit mais à chaque fois, j'ai toujours une amie qui veut venir. J'ai même une collègue dont je suis assez proche qui pense nous rejoindre.
Vous n'imaginez pas combien je suis heureuse de me retrouver dans cette ambiance de salle de gym, combien j'ai hâte de retourner demain midi à un autre cours sur ma pause déjeuner. Pour le moment, j'ai décidé de commencer raisonnablement, à raison de deux cours par semaine mais je me connais, je risque d'y prendre goût et de faire comme avant, d'y aller pratiquement tous les jours mais il faut que je déverrouille certains muscles qui ont peu servis ces derniers temps...
La seule petite ombre au tableau est que la dame de l'accueil m'avait certifiée qu'il y avait des vestiaires individuels et qu'en fait il n'y a qu'une grande salle comme dans toutes les salles de gym, seules les douches sont individuelles. Ce n'est pas que je sois pudique mais je n'avais pas envie de montrer mon sein toujours pas normal. Il s'est vraiment amélioré, c'est impressionnant, ça change de semaine en semaine mais on voit toujours qu'il a été amoché. Et puis, après tout, ce ne sont que des femmes, le cancer du sein n'est pas une maladie honteuse et hélas, parmi toutes ces femmes qui sont avec moi dans les vestiaires, je ne serai pas la seule touchée. Ça fera de la prévention mais je sais qu'un de ces jours, j'aurais droit à des questions...

Pour que vous nous imaginiez mieux, ma copine Flo et moi, voici une petite video qui ne nous rajeunit pas mais qui me rappelle déjà une motivation précoce, quand le dimanche matin, j'étais fidèle au poste de télévision de mes parents, en tenue, à l'heure et élève appliquée. Dommage que personne ne m'ait filmée à l'époque... Je crois que j'en pleurerais de rire....

Et puis surtout, nous y allons pour nous détendre, nous offrir du temps rien que pour nous. Nous ne nous prenons absolument pas au sérieux et nous nous amusons beaucoup, c'est le plus important...

Posté par IsabelleDeLyon à 21:00 - A parcourir : ma Pensine - Commentaires [0] - Permalien [#]
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