La Gniaque

Survivante d'un cancer du sein Her2 métastasé au foie en 2006, en rémission jusqu'en 2015 avec des chimios à vie. Je cherche à transmettre de l'espoir à travers mon expérience. Cliquez sur l'image, à gauche.

mardi 7 juin 2011

J - 1 semaine : le cancer omniprésent

Encore une semaine avant l'intervention chirurgicale sur mon sein gauche, celui qui a la poisse. J'évite d'y penser, pas la peine de m'angoisser, ça ne changera pas grand chose mais je ne peux pas non plus l'occulter complètement.

Lorsque je regarde mon sein dans le miroir, je suis déçue. J'étais contente de voir à nouveau mes deux seins symétriques, de même volume. Le sein gauche, le malmené, a retrouvé sa souplesse, disparue la peau cartonnée, plus de tissus durs autour de la cicatrice. Je commençais juste à m'habituer à cette nouvelle paire de seins et à m'en satisfaire.

Je me méfie de ma gynécologue, Dr G. Elle ne fait pas de la reconstruction. Sa chirurgie n'a qu'un seul objectif, enlever, taillader, ôter le mauvais, l'atypique, le tendancieux, le suspect. L'esthétique ne vient qu'en dernier plan. Sa priorité est la vie, les cellules saines. Je sais bien que ma vie est plus importante que mon sein. N'empêche que je suis une femme, je me soucie de mon apparence physique et je tente de mener une vie normale. Ce qui implique pour moi d'avoir un corps le plus normal possible. Je déteste y trouver des stigmates du cancer. Je déteste qu'il me rappelle son emprise sur ma vie. Je veux pouvoir me déshabiller dans une salle de sport sans attirer tous les regards, sans me sentir gênée, sans me sentir cancéreuse dans ce temps de loisirs que je m'octroie.

Je crains que ma chère Dr G. n'en enlève un peu trop pour être vraiment certaine de n'avoir rien omis. Lorsqu'elle m'a opérée, voici presque 5 ans, elle m'avait annoncé qu'elle n'allait m'enlever qu'un peu de sein autour de la tumeur primaire. Lorsque je me suis réveillée de cette opération, elle m'a dit qu'elle m'avait enlevé un quart de mon sein. J'ai trouvé un décalage entre l'annonce et le résultat. Je ne me suis pas plainte. Je connais son objectif, j'y adhère forcément. Ma vie avant mon sein, une évidence.

Pour cette intervention, elle m'a dit qu'elle allait enlever toute la cicatrice sur 5mm de profondeur. Ma cicatrice est dans le galbe inférieur du sein, sous le sein. Elle fait bien 7cm. Elle va me faire une belle entaille qu'elle va recoudre bien serrée. Je vais me retrouver avec un beau "frein" dans le sein. Il va falloir en faire des efforts pour l'atténuer et lui redonner une forme plus anodine.
Cette opération va toucher le côté gauche. Celui où il me manque une chaîne ganglionnaire. Je risque d'avoir de la lymphe qui va s'accumuler. Déjà quand je m'épile la jambe gauche, je sens parfois des tiraillements sous l'aisselle, vers cette zone déréglée, abîmée à cause du cancer.
Après ma tumorectomie, j'ai dû avoir 90 séances de drainage lymphatique pour retrouver une main gauche de taille presque normale, qui ne gonfle plus intempestivement et avoir enfin un sein sans œdème post-opératoire.
Je suis presque certaine que même si j'échappe à une accumulation de lymphe du côté gauche, mon sein va à nouveau être dur dans la zone cicatricielle. Je vais être bonne pour reprendre le chemin de ma kiné pourtant déserté sans aucun regret.
Je ne vais pas laisser mon sein en l'état, je vais tout faire pour encore et toujours le remodeler pour qu'il attire moins le regard. Juste pour avoir l'air le plus normal possible lorsque je suis devant mes filles ou mon mari torse-nue, lorsque je dois me déshabiller dans un vestiaire commun, et surtout pour moi lorsque je me regarde l’œil critique devant mon miroir. Ce qui signifie d'autres anesthésies générales à programmer.

Je la connais assez pour savoir qu'elle va avoir la main lourde. Elle va vouloir être certaine d'enlever toute la zone suspecte. A la base, seul 1mm prélevé s'est avéré atypique mais l'aiguille a pu passer à côté d'un autre millimètre. Elle va vouloir s'assurer qu'il ne me reste plus aucune cellule atypique. Toutes ces cellules vont partir directement au laboratoire de biologie pour être analysées. C'est d'ailleurs cette étape que je redoute le plus. Attendre le compte-rendu de cette analyse, savoir ce qu'ils vont trouver dans mes cellules amputées.
Mon oncologue Dr B. ne laissera aucune chance au cancer de repointer le bout de son nez si elle en a la possibilité. A la moindre trace maligne, je sais ce qui m'attend, chimio lourde et très certainement mastectomie.
Je vais donc me réveiller de cette opération tendue. J'attendrai ce résultat en m'occupant l'esprit au maximum mais cette angoisse restera sous-jacente. L'enjeu est de taille.

Cette semaine, je n'aurais travaillé que lundi et mardi. Je suis en temps partiel le mercredi. J'ai ma perfusion d'herceptine ce jeudi, aussi je suis arrêtée jeudi et vendredi. La semaine prochaine, je ne travaille pas lundi, c'est la Pentecôte. Je n'irai travailler que le mardi. Le mercredi, toujours en temps partiel et le jeudi 16 juin, j'entre en clinique à 7H du matin. Je serai arrêtée toute la semaine qui suit. Je reprendrai enfin le chemin du boulot la dernière semaine d'école, le lundi 27 juin mais il s'agira d'une semaine avec perfusion. Je serai encore arrêtée le jeudi et le vendredi à cause de ma perfusion d'herceptine.
Je me rends bien compte que ma santé désastreuse empiète sur mes performances au travail. Je vais être beaucoup plus absente que présente. Je déteste imposer mon travail à mes collègues à cause du cancer. Je déteste manquer autant à cause du cancer. Je déteste me faire remarquer à cause du cancer. Sur les quatre semaines à venir, je vais bosser 3 jours. C'est dire comme je suis performante. Juste dans une période de pic de travail dans mon boulot. Encore une peine imposée par le cancer.

Finalement, peut-être que les employeurs n'ont pas tort de nous discriminer. Quand je vois toutes mes absences causées par le cancer, je ne peux m'empêcher de me dire que je ne suis pas une salariée comme les autres, je ne peux pas être aussi productive qu'un collègue en bonne santé. Le cancer vient  manifester un peu trop sa présence dans ma vie professionnelle. Je suis tellement désolée de cet état de fait, j'aime vraiment mon travail. Je vais encore perdre pied avec mes projets en cours et je vais devoir consacrer pas mal de temps à me remettre dans le bain.

J'ai conscience que cette histoire avec le cancer ne s'arrêtera jamais. Je ressens une grande lassitude face à cette sensation de n'en avoir jamais terminé, d'être dans l'impossibilité malgré tous mes efforts de vivre normalement. Le cancer va se rappeler à moi physiquement, professionnellement et bien évidemment psychologiquement. Malgré tous mes efforts pour être une personne normale, active, je suis une cancéreuse consciente que tout peut basculer à tout moment. J'arrive assez bien à le vivre en général et quelquefois, plus rarement, j'étouffe. Je sens un peu plus les barreaux que le cancer a construit autour de moi et l'image de moi qu'il me renvoie déformée. Je voudrais tant qu'il me lâche.

miroirdeformant

Photographie d'André Kertész
et encore ici

Ça me fait penser au film que j'ai adoré, "Le bruit des glaçons". Je ressens exactement la même impression que le personnage principal. Partout où il va, son cancer est là avec lui. Il n'arrive pas à l'oublier, le cancer s'immisce partout dans sa vie. Lorsqu'il se retrouve au lit avec une femme, le cancer est encore là et se glisse avec eux dans le lit, il revêt une apparence humaine dans ce film. Il est condamné à le promener avec lui. Il ne lui reste plus qu'à tenter de s'en accommoder du mieux qu'il peut mais c'est loin d'être évident, le cancer est omniprésent quoi qu'il fasse et lui gâche pas mal d'instants de sa vie.

Un détail qui aurait dû être anodin dans ma vie illustre parfaitement cette emprise du cancer.
L'ascenseur doit être coupé trois jours dans mon immeuble pour des travaux de mise en conformité. Ils auraient dû être terminés la semaine dernière mais ils n'ont pas encore commencé. Finalement après avoir été repoussés une première fois en début de cette semaine, ils devraient commencer demain. Jeudi je vais devoir descendre les 5 étages par les escaliers pour aller chercher mes filles à l'école après ma perfusion d'herceptine alors que ce produit me coupe les jambes. Au retour, il faudra que je fasse l'ascension de ces 5 étages par les escaliers. Cette programmation des travaux de l'ascenseur commence à devenir problématique. Si jamais ils sont encore repoussés à la semaine prochaine, je vais faire comment en sortant de l'anesthésie générale le jeudi pour grimper 5 étages ? Je sais que mon mari interviendra pour que ce jour-là, l'ascenseur fonctionne, au pire il sortira ma carte cancer. Voilà un détail qui passerait comme une lettre à la poste pour tout le monde sauf pour moi et ma saleté de cancer. Toujours ce cancer qui me revient en pleine figure comme un boomerang là où on l'attend le moins.

La seule consolation que j'ai est d'être très entourée. Deux de mes amies veulent prendre mes filles à dormir le soir de mon opération. Elles veulent me les garder pour me permettre de me reposer. Ma mère va venir me chercher à 6H30 du matin pour m'accompagner à l'hôpital, rester un peu avec moi et revenir me chercher dans l'après-midi pour ma sortie. Ma soeur a posé deux jours de congé et va rester chez nous le jour de l'intervention, le lendemain et le week-end qui suit pour m'aider. Mon mari, comme toujours, va faire son possible pour m'alléger de toute peine. Leur affection, leur attention me font un bien immense. J'y puise le courage nécessaire pour continuer à combattre et à supporter tous ces obstacles. Je vais faire comme dans la chanson des Cowboys fringants "Chêne et Roseau" :

Car c'est sa fatalité
Toujours retomber
Tomber,
Tomber pour se relever
Retomber
Tomber pour se relever

Posté par IsabelleDeLyon à 21:39 - Cancer : ma Bataille - Commentaires [22] - Permalien [#]
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Commentaires

    Je comprends

    Bonsoir Isabelle.. ton billet m'a émue aux larmes.. je comprends ce que tu ressens jusque dans ma chair. Je t'admire d'oser partager tes peurs, tes colères avec nous. Je sens ta lassitude , ta colère face à cette vie ponctuée de stop-traitement-du-cancer, ce cancer omniprésent dans ta vie, dans nos vies. J'ai appris ce soir qu'une très jeune femme de nos amies(38 ans) est en occlusion .. récidive de cancer des ovaires.. là aussi, je sens ma colère, mon envie de crier à la face du monde: ASSEZ!! assez de vies brisées, de souffrances ... donnez du répit.. j'ai envie d'appuyer sur le bouton PAUSE.. Je me permets de t'apporter ma sollicitude.Bien à toi. Marielea

    Posté par MARIELEA, mardi 7 juin 2011 à 22:56
  • comme Marielea, je te dis chapeau, merci de cette confiance, de ce partage très émouvant.
    Que ces temps d'attente sont long, j'entends ta lassitude malgré toute cette force, cette vie qui transpire dans chacun de tes mots.
    heureuse que tu sois très entourée dans ces temps difficiles. prends soin de toi et fais toi du bon.
    amitiés
    Halize

    Posté par Halize, mardi 7 juin 2011 à 23:58
  • C'est dur ...

    Bonsoir Isabelle, comme c'est dur ! c'est tellement injuste cette maladie qui frappe au hasard, sur n'importe qui, sans savoir pourquoi... Isabelle j'ai commencé à faire votre connaissance sur ce blog et je suis triste de lire ce dernier billet. Je suis de tout coeur avec vous et le 16 j'essaierai de vous envoyer de l'énergie (je pratique le qi gong). Sincèrement.
    Orsane

    Posté par Orsane, mercredi 8 juin 2011 à 00:34
  • INJUSTE

    Injuste, oui, c'est bien le mot qui convient quand le sort s'acharne sur quelqu'un comme il s'acharne sur toi...On a envie de crier: "ça suffit!"
    Heureusement pour toi, tu le dis, tu es très entourée et ça compte tellement!!!Mais je sais que malgré tout l'amour des siens, patfois, on se sent bien seule pour affronter les examens, les opérations, la douleur...Dans ces moments là, pense à tous ceux qui sont proches de toi par la pensée, l'amitié vraie, une chaîne d'amour et de solidarité...
    Pourvu qu'enfin les chercheurs trouvent les moyens pour arrêter cette véritable épidémie qu'est le cancer! Et qu'on cesse de nous dire de manger sain, de bouger, de ne pas fumer...comme si ça suffisait pour ne pas être atteint par cette saleté de maladie...Il y a qq jours un collègue de 62 ans mourrait d'un cancer du poumon métastasé au cerveau: il n'a jamais fumé de sa vie, il était actif, vivait à la campagne...cherchez l'erreur...
    Isabelle, je t'envoie plein de pensées positives, et aussi affectueuses, Biquette.

    Posté par Biquette, mercredi 8 juin 2011 à 09:49
  • Je m'associe complétement aux autres commentaires et je me sens aussi très en colère contre cette injustice. Comme tu le dis souvent à propos d'autres herceptinettes au long cours, toi aussi tu traces le chemin. Chaque embuche sur ton parcours nous touche et nous concerne et c'est très important pour nous qui sommes derrière toi de te voir avancer. Le parcours est sinueux et farci d'obstacles. Je comprends très bien ton exaspération et ta lassitude.
    En revanche je ne crois pas que tu sois moins productive que quelqu'un qui est bien portant. Dans la vie tu me parais bien plus énergique que la moyenne des gens bien portants et je suis convaincue que même avec quelques interruptions tu es plus efficace et dans ton travail que beaucoup qui sont là en continu. Ta motivation est remarquable et toute discrimination à ton encontre serait vraiment injustifiée.
    Désolée pour le mail que je t'ai envoyé hier, plutôt décalé dans ce contexte, je n'avais pas lu ton post.
    Très amicalement, grosses bises.
    Béatrice

    Posté par beata, beatus, mercredi 8 juin 2011 à 11:05
  • une vie bien difficile

    chère Isabelle

    comme je vous comprend
    je suis en attente de l'intervention en sept et mon chir n'est pas motivé du coup je pense qu'il a peur d'une chose qu'il ne me dit pas
    mais j'ai fait mon propre raisonnement je veux cette intervention car je veux retrouver un corps féminin et non cette espèce de moitié de femme qui d’ailleurs m'étouffe au quotidien tout comme vous et tant qu'a l'avenir adviendra ce qu'il adviendra
    en attendant je vais très mal dans ma tête et je n'avance pas
    il m'arrive souvent de très mauvaises pensées

    cela fait un an qu'il repousse l'autre jour il m'a dit vous pouvez rester ainsi ce n'est pas
    choquant je lui ai répondu "je peux plus me voir"

    avez vous vu votre chirurgien ne peux til pas lui même faire cette intervention avec l'assistance de votre gynéco
    essayer de le contacter
    prenez soin de vous
    nallie

    je ne sais pas ce que

    Posté par nallie, mercredi 8 juin 2011 à 11:38
  • l'empreinte du cancer

    Tu l'écris bien: ce qu'on voudrait gommer après qques années sans, ce sont ces stigmates, ces limitations qu'on n'a as choisies, et qui obsèdent.... pas tjs, mais déjà bien trop.

    Tu es dans une période de fragilité puisque tu as dû prendre cette décision de prudence et que tu es de nouveau confrontée à tes peurs:
    - la grande, que ns connaissons bien
    - les autres, tt aussi "respectables": être différente, ne pas pouvoir le cacher et donc avoir l'effet boomerang du regard des autres.

    Pas grand chose à ajouter, tu as déjà fait le tour de tes sentiments, .... juste mon soutien de coeur, et l'espoir pour toi que ce ne soit rien, et que ta chirurgienne ait la main habile et légère.

    A bientôt, Isa
    Isabelle

    Posté par Isasuisse, mercredi 8 juin 2011 à 11:42
  • Je viens de lire votre article avec intérêt, j'ai un cancer du sein Her2 +++ PT1 MO NO, j'ai eu du taxol et j'ai fini la semaine dernière ma dernière séance d'Herceptin, comme je suis aussi hormono dépendante, je suis sous Tamoxifène pour trois ans, avant de passer à une autre molécule. Ce que je vais vous dire va vous surprendre, mais c'est moi qui ai pris la décision, l'an passé, suite à deux opérations sur mon sein gauche, de me le faire enlever, je ne voulais pas être en permanence avec la peur chevillée au ventre.
    J'ai eu une reconstruction immédiate, mais même si j'ai pris la décision, cela n'a pas été sans douleur, sans souffrance devant ce corps qui n'était plus le mien.
    Je pense que vous devriez envisager cette solution, pour enfin ne plus penser comme vous le dites à votre cancer.
    Nous sommes prisonnières de notre corps avec cette maladie, nous ne serons plus jamais comme avant, mais je vous sens combattive, et vous avez toute mon admiration.
    Si vous ne voulez pas vivre de multiples opérations, la solution est l'ablation, cela n'a rien de drôle, mais les reconstructions sont très au point aujourd'hui.
    Vous avez toute la vie devant vous, je vous l'assure.
    Je vous embrasse
    N

    Posté par nora, mercredi 8 juin 2011 à 12:14
  • qu'est-ce que je peux dire de plus? tout a été dit...je comprends exactement ce que tu ressens - tous ces traitements, ces rendez-vous, ces interventions... tu dois en avoir marre. Est-ce qu'un jour ce cancer nous lâchera?
    Mais il ne faut pas culpabiliser, tu as le droit de t'arrêter un peu et surtout prendre le temps pour te remettre de tout ça. Le travail attendra, même si tu prends du retard, ce n'est pas grave, ta santé, ton bien-être, toi d'abord. Toi qui pense toujours aux autres, cette fois-ci pense à toi.
    Je t'envoie plein de pensées positives et tout mon soutien, je t'embrasse
    Kate

    Posté par kate, mercredi 8 juin 2011 à 15:48
  • Injuste, rageant, difficile, nécessaire, se relever, avancer, retomber, encore et encore.
    Je remercie ta famille et tes amis qui savent si bien t'entourer mais je comprends, oh combien, à quel point tu dois quand même avancer, TOI.
    Je t'embrasse, je voudrais t'envelopper de mon amitié et de mon soutiens, aussi, même si en ce moment j'ai du mal, moi aussi, à me relever.

    Posté par Tili, mercredi 8 juin 2011 à 16:12
  • **ensemble nous sommes plus fortes**

    **Je suis très émue par ton récit Isabelle sur ce blog ..
    Sache que je suis près de toi dans cette épreuve difficile ..
    Tu explique vraiment bien tes ressentis ..
    Évidemment que la chir elle là pour te sauver la vie !!! l'esthétique ...ce n'est pas le problème !!!
    et si c'était "elle" ????
    quand les doct se mettrons t-ils à notre place juste qq instants !!!!
    j'espère que tout va se passer au mieux *
    et que cette cicatrice sera la plus soft qu'il soit possible ...
    d'être bien entourée c'est formidable et réconfortant d'une certaine manière ..
    car il est vrai que bien des femmes se retrouvent seules ((
    mais comme je le dit très souvent au sein du groupe et sur ma page ...
    ""la solitude est la pire ennemie de la maladie et du malade***
    car c'est notre "corps .."" nos peurs " nos angoisses "nos mutilations " nos cicatrices affreuses** notre fatigue ..""etc .."
    mais que faire ??? c'est notre nouvelle vie ..
    et nous devons avancer coûte que coûte ..
    ce statut nous ne l'avons pas choisit ..
    lorsque je dit " nous sommes UNE PERSONNE ...PAS QU'UN CANCER ""
    c'est parce que trop souvent nous sommes humiliés ..diminués..par ce foutu ""Allien" !!!
    enfin bref ..je crois que nous nous comprenons complètement ...
    Isabelle sois assurée de mon amitié sincère et de tout mon soutien *
    je te fait de gros bisous *
    ""Nous sommes des guerrières !!!!** n'est-ce pas !!!

    Posté par Sara, mercredi 8 juin 2011 à 17:04
  • univers cancéral

    « Il faut signer la décharge Monsieur, si vous sortez et revenez car vous êtes sous notre responsabilité »…
    Infantilisation. Ou prévention ?
    Partout des panneaux, pancartes. Ecrits, dessinés.
    Curithérapie. Marie savait-elle qu’une technique de soins porterait son nom ? La curie. La curée.
    Après la chasse, la meute de chiens a droit aux poumons et viscères.
    Curithérapie, comme cure ou curé. Il y a, dans ce centre de cancérologie un lieu de culte.
    La lettre « C » revient . Trop, trop trop. Culte, curie, cure, chimio, crabe, cancer.
    Le mot est lâché.
    Dans mon cas il a été extrait du sein gauche (une amazone !!). Avant il y eût repérage. Toujours cette prudence dans les mots et les comptes-rendus. Tuméfaction. Jamais le mot tumeur ou celui de cancer.
    Anne, le chirurgien qui a extrait ce carcinome infiltrant (mauvais mauvais) canalaire n’a prononcé le mot tumeur. Aujourd’hui t° à 9° celsius (j’abuse du c ) et pose de PAC ( !) pour permettre à la chimio d’aller zigouiller (ah ! cela soulage le « z » comme zen, zorro, zizi, z’en ai marre) ce qui voudrait s’étaler dans mes cellules….
    …Le temps qui a défilé grand V . Nous voilà le 7 février. J’ai oublié jusqu’à la date de ma première « chimio-party ». Il me souvient l’arrivée chez Léon (Bérard) et ses plantes vertes artificielles. Comment reprendre goût à la vie quand les plantes sont en plastoque dans un centre de cancérologie. Léon « le nettoyeur ».
    Je suis prévenue. Et prisonnière de cet univers cancéral, cancéreux, cancérigène. Cellules à ouvrir et faire exploser. Il était une fois la révolution. Premières images du film : un mec pisse sur une fourmilière et chaque bestiole se tord. La chimio idem.
    Cancérigène, aborigène. Paul le cancérologue de chez Léon (vous suivez ?) m’ordonna une perfusion de cinq heures. J’étais dans l’ignorance de ce qui allait être. Hélène, morte depuis, m’avait dit « je reviens de l’enfer »
    Mon cœur fut-il trop léger dans la balance ? Anubis et ses sbires furent-ils en panne de bandelettes. Momie. Vomir….
    Tout alla très vite. Le mercure, la toux, la chute des globules, la grippe A… Descente vers le tombeau. QUESTION : QUI se permettra de peser mon cœur ? Qui aura une âme assez pure pour cela ? La mort rôda, la mort aux rats, la mort ne m’aura pas eue.

    J’ai appelé les quelques amis que j’ai : Claude, jean, Yves. Ils furent un soutien. Sauf un. Mais ….
    Ce soir retour vers le futur, le pirate de mon cœur m’a téléphoné. Juste avant de raccrocher je lui ai dit « je t’aime ». Alors dans un souffle de libellule qui s’envole au soleil j’ai entendu un murmure « moi aussi je t’aime ». Il a 4 ans. Ces cinq mots valent toutes les chimios du monde. L.

    Posté par lydia, mercredi 8 juin 2011 à 18:36
  • Il n'y a rien de déshonorant de vouloir garder ses seins, même reconstruits. Il est tout à fait humain d'avoir peur, d'être épuisée, de ne pas toujours avoir envie de se relever instantanément. Il faut se permettre de craquer, se fissurer, pour pouvoir un peu lâcher les choses. Cela ne veut pas dire que l'on est faible, juste humaine, parce ce que malade ou non, on reste des femmes de chair.
    Je vous trouve toutes admirables dans votre ccombat.

    Posté par ValérieHteSavoie, mercredi 8 juin 2011 à 21:47
  • Non rien à ajouter vraiment.... juste des baisers et des pensées qui s'envoleront vers toi le jour J.
    Catherine

    Posté par catherine, jeudi 9 juin 2011 à 15:12
  • comprèhension

    Ma chère Isabelle
    comme moi aussi je te comprends!!! Personnellement je n'ai plus de cancer du sein depuis 2002 mais depuis depuis je bataille avec un cancer du colon (opèrations multiples pour finir par la pose d'un anus artificiel...) bien entendu depuis 2005 j'ai eu droit à plusieurs protocoles de chimio lourdes!!!
    Et aujourd'hui j'en suis avec des métastases osseuses et au cervelet+ 1 tumeur de 12cm5 au foie bien calcifiée qui à donc du mal à partir et toujours des problèmes d'intestin et de colon! Alors je comprends ta lassitude car, moi, en ce moment je n'en peux plus...
    j'ai même penser à tout arrêter alors j'admire ton courage et je te souhaite bonne chance pour ton opération et j'admire aussi ta combativité vas y bats toi tu l'auras ce sale crabe! Amicalement Cathie

    Posté par cathie, jeudi 9 juin 2011 à 16:48
  • Courage

    Cela fait 8 mois que j'apprécie votre blog , sans jamais laisser de commentaires.Mais là il s'impose ce petit commentaire pour vous donner mon soutien et plein de pensées positives.
    Cordialement.
    G

    Posté par Gidele, jeudi 9 juin 2011 à 18:14
  • confiance

    il est très chouette, ton blog, et il me touche beaucoup. Des mots si juste, dans lesquelles je me retrouve, souvent, toujours. Je ne vais pas t'embêter avec mon experience, chaque cas, ou plutôt chaque vécu est si personnel... L'essentiel, c'est de te dire que tu vas y arriver. Que la reconstruction fait des miracles. Quant au boulot, si je peux me permettre, ne sois pas si exigente avec soi même. Je suis persuadée que tu travailles bien plus que de tas de gens "bien portants"..Alors, quelques absences...Je t'envoie plein de courage, et d'amitié.

    Posté par lou, jeudi 9 juin 2011 à 18:49
  • toute mon attention

    chère soeur,
    ras le bol hein ??? mais encore une fois tu vas avancer et sortir de cette situation intermédiare qui te/ nous rend marginales ...tu as toute ma tendresse de grande soeur ...prends soin de tes proches, c'est paradoxal mais ils ont besoin de toi! et bien sur! il est question de victoire et de vie .
    je pense à toi .

    Posté par faith, jeudi 9 juin 2011 à 22:26
  • Merci de l'info concernant les prises en charge des transports dans le cadre d'ALD. Le site Ameli.fr ne donne aucune info... et je ne savais plus trop quelle info donner aux familles et aux patients que je rencontre dans le cadre de mon exercice professionnel d'assistante sociale! Merci donc et couraage pour la suite de ce long et dur chemin.

    Posté par Marie Air, vendredi 10 juin 2011 à 11:41
  • suite

    "Un guerrier de la lumière se décourage souvent. Il pense que rien ne parviendra à susciter l'émotion qu'il espérait. Il passe des après-midi ou des nuits entières à tenir une position conquise, sans qu'aucun événement nouveau vienne raviver son enthousiasme.
    Ses amis commentent : "peut être sa lutte est-elle déjà terminée."
    Le guerrier ressent douleur et confusion en écoutant ces paroles parce qu'il sait qu'il n'est pas parvenu là où il voulait. Mais il est têtu, et il n'abandonne pas ce qu'il a décidé de faire.
    Alors, au moment où il s'y attend le moins, une porte s'ouvre."
    Manuel du Guerrier de la Lumière, Paulo Coelho

    Posté par Marie Air, vendredi 10 juin 2011 à 22:36
  • Comment exprimer ce que je ressens ?

    Tu fais face avec tes doutes, tes angoisses, c'est bien légitime.

    Tu en sauras plus dans quelques jours et ça ira mieux.

    Je comprends ce que tu ressens au niveau de ton sein refait, c'est injuste. Je me pose beaucoup de question sur les reconstructions ?????

    Je t'embrasse très fort

    Paule

    Posté par agsaka, dimanche 12 juin 2011 à 11:50
  • comment ru vas, ce we?

    ça va un peu mieux? ton inquiétude s'adoucit? Je te le souhaite, bien sûr, et t'embrasse fort, en passant. Je pense à toi, Isa.
    Isabelle de Suisse

    Posté par Isasuisse, dimanche 12 juin 2011 à 23:02

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