La Gniaque

Survivante d'un cancer du sein Her2 métastasé au foie en 2006, en rémission jusqu'en 2015 avec des chimios à vie. Je cherche à transmettre de l'espoir à travers mon expérience. Cliquez sur l'image, à gauche.

vendredi 1 octobre 2010

Je vais bien, tout va bien

Et me voilà de retour chez moi après ces 24H passées à la clinique pour mon second lipomodelage. Tout s'est bien passé.

Pour ceux qui n'ont pas suivi, voici les articles précédents au sujet de mes deux lipomodelages successifs :

Bientôt de nouveaux seins, j'en rêve

Ça y est j'ai eu mon lipomodelage

Suite lipomodelage

Second lipomodelage programmé

Cette fois-ci, je n'ai pas eu droit à une infirmière voulant faire du zèle en me piquant avec douleur la main comme la fois précédente. Le médecin anesthésiste était déjà, présent, il s'en est chargé, j'étais soulagée d'ailleurs lorsque je l'ai vu. Le bloc était une grande salle dotée d'une immense baie vitrée, plus sympa pendant mes quelques minutes de conscience. Un infirmier faisait des blagues salaces à la seule femme présente, ça les faisait tous marrer, moi aussi d'ailleurs mais je me suis dit "je ne veux surtout pas imaginer ce qu'il va dire sur moi, une fois endormie et toute nue sous leurs yeux, heureusement que je serais endormie et que je n'entendrais rien...".
Je n'ai eu aucune sensation de froid cette fois-ci, bien au contraire, j'ai un vague souvenir de soufflerie chaude dirigé sur moi en salle de réveil où j'ai dû ouvrir à deux reprises un œil et ma chambre était surchauffée, j'ai repoussé toutes mes couvertures et je n'ai gardé qu'un drap sur moi.
J'ai ensuite dormi jusqu'à ce matin, je réagis toujours très bien aux médicaments. Mon sommeil a été très entrecoupé puisque j'avais autorisé mes très proches à m'appeler hier soir sur le fixe de ma chambre, le portable étant en silencieux. Le chirurgien et l'anesthésiste sont aussi passés le soir, les infirmier n'ont pas arrêté mais c'est pour la bonne cause. Ce n'est pas grave, je retombais aussitôt dans les bras de Morphée. Heureusement que mon séjour était très bref, la clinique est en travaux, des échafaudages sous mes fenêtres, des ouvriers qui passent, du bruit infernal et pénible mais pas la nuit. Je n'aurais pas aimé supporter ça en pleine journée, un peu difficile pour bien se reposer.
J'ai eu ma chambre individuelle, la secrétaire du chirurgien a bien fait son boulot, ce qui n'était pas le cas de tout le monde, une dame âgée était furieuse, elle se retrouvait dans une chambre à trois et s'en prenait à la clinique.
Le chirurgien n'a touché qu'un seul sein, celui à terminer de rafistoler. Ce qui fait que j'ai ce sein gonflé par les hématomes, sous un tas de pansements et l'autre sans rien, je ne peux pas mettre de soutien-gorge, il va falloir que je porte des hauts bien larges toute la semaine pour que ça ne se remarque pas... heureusement que les heures chaudes sont passées, plus facile de se cacher sous les vêtements.
J'ai un peu moins de pansements sur les jambes mais comme il prend la graisse de façon harmonieuse, il répartit ses prélèvements tout le long du haut de la jambe, je suis bien recouverte et les hématomes sont là aussi. Je ne souffre pas particulièrement, ça me fait mal de passer de la position assise à debout et vice versa et si je m'écoutais, je marcherais en traînant les pieds mais je force pour marcher normalement. J'ai encore un peu mal au fond de la gorge à cause de l'anesthésie mais ça va vite passer. Je me sentais un peu plus en forme en me préparant dans ma chambre ce matin pour ma sortie, je pense que je redoutais moins la douleur, j'étais plus sereine et moins recroquevillée sur moi physiquement parlant.
L'infirmier vient mardi et vendredi. Mardi on enlève les pansements sur les jambes et possibilité aussi d'enlever ceux du sein, à voir. Dans 10 jours, je retourne voir le chirurgien. J'ai eu un arrêt de travail jusqu'au mardi 12 octobre, j'enchaînerai avec ma perfusion le jeudi 14 et je retournerai bosser le lundi 18, dans deux semaines.
Mon mari m'avait laissé un petit mot sur la table de la cuisine avec un petit cadeau pour m'accueillir le plus chaleureusement possible malgré son absence. Ça m'a fait chaud au cœur. Vivement ce soir que je les serre tous les trois contre moi mais surtout pas contre mon sein endolori...
Je vais aller faire un vrai repas, ça me manque et étancher cette soif intarissable. Et dire qu'il faut attendre au moins trois mois pour voir le résultat, patience, patience toujours en ma qualité de patiente...

Et la suite :

Second lipomodelage + 3 mois


Et pour celles qui ont déjà lu mes billets précédents, j'ai corrigé quelques fautes, j'ai changé la vidéo de Lyon dans le billet consacrée à Tili, j'en ai mis une beaucoup plus sympa et j'ai aussi ajouté une vidéo dans le billet sur le shopping, histoire de ne pas se prendre au sérieux...

Pour rire un peu des hôpitaux, un petit sketch d'Anne Roumanov. J'adore la phrase "C'est un hôpital ici, on ne cherche pas à ce que les gens reviennent..." et je vous souhaite à tous de ne pas avoir à y mettre les pieds avant très très longtemps, ni pour vous, ni pour vos proches.

Posté par IsabelleDeLyon à 13:27 - Cancer : ma Bataille - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

    Heureuse de savoir que tout va bien! Bon repos pendant ces 2 semaines!

    Posté par chartres, vendredi 1 octobre 2010 à 22:49
  • super!

    Bonjour,
    je vous lis régulièrement et je vous ai même contacter pour le livre de Bénou(super d'ailleurs. j'ai pensé à vous je savais que c'était imminent votre opération. Je suis contente que cela soit bien passé!bientôt la fin du tunnel, reste Herceptine mais bon pas le choix !
    je souffre aussi d'Her+ j'ai eu ma masectomie en mars, j'ai rencontré Dr Delay il y a une semaine, j'ai apprécié cet homme, pour moi l'opération sera prévue vers fin avril/debut mai, mon cadeau de mes 33ans...............
    je suis contente de vous lire vous avez la pêche et c'est cool de voir qu'il existe des malades positifs comme moi !
    je vous dit bonne soirée !!!Profitez de vos filles et de votre époux et à plus tard sans doute !
    Mary

    Posté par maniock, samedi 2 octobre 2010 à 00:09
  • Espoir : cancer du sein métastasé aussi

    Bonjour,

    Je viens de terminer de te lire et ça me donne un peu d'espoir ... Voilà je me présente j'ai 38 dans 3 jours et deux enfants de 9 & 7 ans. Tout à commencer en 2005 ou j'ai fais mon premier cancer du sein fulgurant, je dis fulgurant car il fallait absolument que je sois opérer en moins de 10 jours sinon j'y passait. Les ganglions se proliféraient à vitesse grand V ! Après cette douloureuse opération, j'ai dû avoir de la rééducation pour mon bras gauche que je ne pouvais plus du tout bouger, puis j'ai enchainé de suite avec de la chimio pendant plusieurs mois à m'en rendre malade à chaque fois, mais malade à ramper par-terre pour pouvoir aller vomir aux toilettes. J'étais sans forces, je ne pouvais même pas porter mon second enfant qui avait tout juste 6 mois ... Puis j'ai enchainé avec des séances de radiothérapie pendant des mois et des mois et terminé par de l'hormonothérapie. Je pendais souffler pendant un bon moment après cette douloureuse épreuve et non, en 2007, j'ai de plus en plus de mal à marcher,, inquiète je passe une irm de la jambe droite et là on me découvre un cancer à la jambe droite, cancer très rare en Fance, environ 1 000 cas par an ! PUnaise et j'suis dedans, j'ai envie d'hurler je me dis qu eje vais y passer cette fois ! La première consultation avec la chirurgienne, son verdict : va falloir amputer c'est trop attaqué ! Le choc a même pas 34 ans ! L'horreur dans toute sa splendeur, mais résigniée je me disais qu'il vallait mieux être amputée qu'être morte. Moi aussi je rêve de voir grandir mes enfants et comme tu le dis rien ne fait plus mal que d'imaginer que nous les avons mis au monde et que si nous partions ils n'auraient que de vagues souvenirs de nous, cette pensée mait insupportable. Du coup je me suis forçée à avoir toujours la gniacque, même dans les moments où je touchais le fond. Pour la jambe comme l'état de ma jambe était alarmant, et que je ne pouvais plus marcher, je me suis retrouver en fauteuil roulant, et pour couronner le tout c'était impossible qu'on m'opére de suite car la tumeur était très mal placée entre le perronnet et le tibia et était trop grosse. Il fallait d'abord que je fasse plusieurs de mois de chimio en espérant qu'elle la fasse réduire. Une attente interminable, du stress à n'en plus finir à chaque irm lorsqu'il fallait contrôler si la tumeur avait diminuée, et par chance elle diminuait même si ce n'était que de qques millimétres, c'était toujours ça ! Puis vient enfin le jour de l'opération, en entrant dans le bloc la chirurgienne me répéte qu'elle rique de me réveiller lorsqu'elle aura ouvert ma jambe dans le cas où elle constaterait que la jambe est beaucoup trop abîmée et demanderait mon accord pour une amputation! Je te laisse imaginer mon état de stress, au bord de l'évanouissement lorsqu'elle m'a dit ça, et avant d'être anesthésiée j'aivais en moi cette crainte d'être réveillée après en cours d'opération ! Mais par chance au bout de plus de 6 hs d'opération elle a pû me sauver la jambe mais moi en salle de réveil je ne le savait pas, on m'avait rien dit et je ne sentait plus ma jambe tellement que mon corps était encore anesthésié ! C'est mon mari qui est entré en trombe dans la salle et qui a soulevé le drap qui me protégeait et qui m'a dit que ma jambe était sauvée, quel bonheur de savoir que mon corps n'était pas mutilé ! Ensuite j'ai recommencé des séances de chimio pendant des mois et des mois puis radiothrapie idem pendant des mois et des mois, ainsi que de la kiné car je me suis retrouvée assez longtemps en fauteuil roulant car ma jambe ne répondait plus ! Maintenant je remarche mais non sans mal, mais peut m'importe je suis là. Mais le répit n'a été que de courte durée en 2009, un soir en faisant ma toilette je remarque une petite bosse au niveau de mon cou à gauche. De suite je demande à passer une irm et là le verdict tombe : récidive du cancer du sein avec métastases osseuses au niveau des lombéres. Plusieurs sont déjà toouchées dont une qui est sur le point de s'émiéter et si un morçeau émiété de la vertébre venait à transperçer la membrane qui la sépare de la colonne vertébrale on m'apprend que je risquais d'être paralysée ! L'horreur à nouveau, de plus je me suis dis à ce moment là, dit métastases ça va bientôt être finit pour moi ce coup-ci ! Je me suis battue à nouveau pour qu'on puisse m'implanter à nouveau en urgence un port-à cath afin de commencer au plus tôt la chimio adéquate car j'avais trop peur de mourir dans l'année. J'ai encore trop de choses à vivre avec mes enfants & mon mari. J'espère être là pour voir grandir mes enfants, serais-je encore parmi eux lorsqu'ils se marieront ? Moi aussi je réagis tout à fait comme toi, je ne suis pas triste lorsque je prends un an de plus, au contraire je prends ça comme une victoire ! Mais j'ai toujours peur au fond de moi que ce soit la dernière année de vie pour moi. Alors depuis le dernier trimestre 2009 je suis en chimio au début c'était toutes les semaines de façon intensive, puis depuis 2011 c'est une chimio toutes les 3 semaines mais jusqu'à la fin de l'année encore. Là, les résultats d'examens irm, scanner sont bons, ils montrent enfin que mes vertèbres sont saines la chimio a été efficace ! Ah ce que j'ai oublié de dire c'est que j'ai dû interrompre qques temps la chimio pour me faire opérer d'urgence au niveau des cervicales et milieu du dos afin qu'on me pose du matériel (une arthrodèse) pour consolider plusieurs vertébres ensembles et ainsi éviter que ça s'émiéte et fissure la membrane qui se trOuve juste avant la colonne vertébrale. Aujourd'hui je me prte mieux mais je me dis "est-ce que le temps m'ait compter", "combien de temps de reste t-il à vivre", vais pouvoir vivre que 5 ans de plus comme les médecins le disent dans leurs statistiques, je vis avec cette terreur dans le ventre chaque jour, ça m'empêche de vivre sereinement, librement, saloperie de maladie, pourquoi ! J'ai envie d'hurler après les gens qui se plaignent pour des brouitilles genre "j'ai un ongle incarné" ou "il pleut ça fiche tous mes projets en l'air" et qui enn plus s'énervent ou stressent, là je gueule excuse-moi le terme ! Je vis avec une sacrée épées de Damoclès, et combien je te comprends. Nous vivons la même terreur à chaque examen nous avons conscience que otut peut rebasculer dans l'horreur, car c'est hélàs vrai, c'est comme ça avec cette maladie ... Pour le cancer du sein l'oncologue nous a dit histoire de nous rassurer "il y a maintenant à notre disposition une dizaine de protocole de chimio pour vous soigner", mais je vis avec la hantise d'une récidive dans un autre organe, les ovaires j'ai décidé qu'en septembre je me les ferais brûlés car j'ai le géne modifié BRCA1, donc je ne veux pas courir un risque supplémentaire j'en ai assez ! Je veux croire dans les progrès de la médecine, d'ailleurs l'oncologue qui me suit m'a dit que la dernière chimio que je suis actuellement n'existait pas il y a 2 ans et si ça m'était arrivé malheureusement à ce moment-là avec les métastases osseuses que j'avais eues il ne me donnait plus que 6 mois à vivre ... quelle horreur !
    Alors je te dis BRAVO d'être arrivée à 40 ans, moi je me fixe cet objectif aussi, si tout voulait se dérouler sereinement je devrais les atteindre dans 2 ans mes 40 ans ! Je n'ose pas penser plus loin, la peur me hante trop ! Sinon j'ai une question à te poser c'est ton oncologue qui te parle de rémission après un cancer métastasé comme tu n'as rien eu pendant 5 ans après ? Car je croyais que la rémission n'était plus envisageable pour les personnes comme nous à partir du moment où malheureusement l'état de santé s'était métastasé ... Là tu m'apportes un souffle d'espoir MERCI. Réponds-moi stp j'en serai ravie ! (mail : rldidie@free.fr) Soutenons-nous et continuons notre combat et de croire en la médecine, courage à toutes, amicalement !

    Posté par Didie, jeudi 9 juin 2011 à 01:50

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